GRAND FEU PYROMELODIQUE DES FETES DE GENEVE

Genève - 11/08/2012

Une semaine après la Fête du Lac d'Annecy, retour dans la région pour le 2° grand rendez-vous pyrotechnique de l'été, à savoir le grand feu pyromélodique des Fêtes de Genève. Retour, car entre les 2, j'étais au festival Metal Camp en Slovénie. Ce fut une vraie journée marathonienne pour arriver à temps. J'avais environ 800km à faire, à priori rien d'insurmontable donc. Départ de Slovénie à 8h du matin, traversée du nord de l'Italie sans encombres, avec seulement 1/2h de pause pour manger un peu. Tout allait très bien jusqu'au tunnel du Mont-Blanc, où je me suis tapé une file de pas moins de 2h avant de pouvoir rentrer (ben oui, un samedi vers 17h, avec un véhicule toutes les 20 secondes, ça coince...)

Il fallait encore que je passe à l'hôtel avant d'aller au feu, hôtel qui se trouvait de l'autre côté de Genève, côté français. Heureusement que j'avais la vignette suisse, ce qui m'a permis de contourner la ville assez rapidement par l'autoroute.

20h, tout est ok, en route vers la rade de Genève, il reste 2h avant le feu. Je me suis vite retrouvé dans un embouteillage monstre en direction du centre-ville. Ca n'avançait vraiment pas, un bordel pas possible ! Si j'étais resté là je n'aurais sans doute jamais vu le feu. Petit demi-tour sauvage à travers l'avenue et les lignes de trams, j'ai remonté les files de voitures qui s'allongeaient de plus en plus, j'ai repris l'autoroute sur quelques kilomètres, jusqu'à une autre entrée de la ville qui heureusement était moins encombrée.

20h50 : je trouve une place pour me garer ! Bon, je ne sais pas trop si je suis loin ou pas, au pif je dirais 3km (et c'était à peu près ça). Je n'ai pas pris le risque d'essayer d'aller plus près, au risque de me retrouver de nouveau coincé.

21h20, 3km plus loin, me voilà aux abords de la rade de Genève. Encore 40 minutes avant le feu, à priori c'était largement suffisant, il ne me restait que 500m à faire pour rejoindre ma place (vu que j'avais une place payante dans une zone bien précise, à savoir au Jardin Anglais, comme l'année passée).

Mais voilà qu'en essayant de traverser le pont du Mont-Blanc, je me suis retrouvé subitement pris au piège dans un mouvement de foule. Il y avait vraiment TROP de monde sur le pont, une vraie bousculade comme je n'ai jamais vu. On était compressés comme des sardines, c'était franchement dangereux et ça aurait pu très mal tourner (un gosse aurait pu se faire piétiner très facilement). J'ai d'ailleurs été témoin de 2 personnes qui faisaient des malaises tellement on était serrés. Le temps passait, impossible de sortir de là, j'ai vraiment cru que j'allais louper le feu... Je ne félicite pas la ville de Genève. ils font peut-être un gros feu, mais niveau organisation, c'est zéro !!!

Sous la pression des gens qui poussaient, ça s'est finalement dégagé quelque peu, j'ai cavalé pour rejoindre le jardin anglais, où je suis arrivé 15 minutes avant le début du feu !! Heureusement que Yohann m'avait gardé une place au premier rang !!

Bon sur ce, parlons quand même du feu en lui-même ! La grande différence de cette année par rapport aux 4 années précédentes (même si je n'y étais qu'en 2011), est que la disposition des pontons était non plus en cercle, mais en triangle. J'étais curieux de voir ce que ça allait donner, et j'imaginais qu'avec une telle disposition, ils pourraient sans doute faire des rafales de mono-coups ou de pots-à-feux sur les 3 côtés.

A vrai dire, cette nouvelle disposition m'a finalement un peu déçu. Je m'attendais à avoir un triangle équilatéral, bien réparti sur l'ensemble de la rade, ce qui n'était pas le cas (en tout cas je n'ai pas eu cette impression). Il était assez allongé, avec 2 grands côtés dans l'axe du pont du Mont-Blanc, et un plus petit tout au bout de la rade, plus ou moins face au pont. Du coup, depuis le jardin anglais, on était un peu plus loin des pontons que l'année d'avant.

Cette disposition faisait que le feu était tiré de façon assez asymétrique. Une fois ça tirait depuis un des 2 grands côté, une fois depuis le 2° grand côté, une fois depuis le plus petit côté tout au fond de la rade. On ne savait parfois pas trop où regarder. Et en outre, c'était pas super facile à filmer, il me manque en général l'extrémité du triangle qui se trouvait tout à gauche devant le pont.

Avec l'ancien layout en cercle, au niveau artistique c'était un peu redondant d'année en année (on peut dire que ça tournait un peu en rond lol !). N'empêche, tout le monde autour de la rade avait la même vision du spectacle, ce qui était à mon avis loin d'être le cas cette année. La forme du triangle était déjà beaucoup moins perceptible que celle du cercle. Depuis le jardin anglais, vu qu'on était un peu en biais par rapport à un des 2 grands côtés, on avait une impression de largeur, avec une façade de tir assez conséquente, ce qui était plutôt pas mal.

En revanche, sur les tableaux qui contenaient des petits produits sur les 2 grands côtés, et des bombes au fond, visuellement c'était un peu bizarre. A l'inverse, pour les gens qui se trouvaient sur le pont du Mont-Blanc, le feu devait peut-être paraître plus symétrique, par contre ils ne devaient pas avoir cette impression de largeur, mais plutôt de profondeur, avec par conséquent des produits qui devaient de superposer les uns sur les autres d'un point de vue visuel. En fait, j'ai du mal à me situer l'endroit depuis lequel on devait avoir la meilleure perception du feu. En hauteur peut-être.



Le spectacle a commencé avec un prélude d'environ 4 minutes. Tous les pontons se mettent en action les uns après les autres, mais on ne distingue pas la forme du triangle jusqu'à présent.

A partir de 1'52, on aperçoit sur la droite le jet d'eau qui se met en marche. Assez surprenant car d'habitude, ils ne l'allument que tout à la fin pour le final. C'était d'autant plus bizarre qu'il devait y avoir pas mal de pyro à proximité. Je suppose que tout était bien protégé !

Musique d'Art of Noise assez sympa, bien que très calme pour commencer.

Après ce prélude, place à la 1° grande partie du feu. Le thème de cette année était l'eau. C'était assez original de vouloir faire un show sur ce thème, avec uniquement du feu. Je m'attendais à voir beaucoup de produits bleus et blancs, mais ce n'était pas spécialement le cas. Avec ce thème, je me disais aussi qu'ils allaient peut-être faire des rafales de pots-à-feu ou de comètes, en mettant l'accent sur le fait que ça simulait des vagues (c'est ce que j'aurais fait), mais ce ne fut pas le cas non plus.

A vrai dire, le thème de l'eau était uniquement présent dans la bande-son : toutes les chansons avaient un rapport avec l'eau. Et là-dedans, il y avait vraiment de tout et n'importe quoi. Cette première partie était composée de musiques "contemporaines", ce qui ne veut pas dire grand chose, et au final, c'était effectivement un ensemble de chansons totalement incohérentes entre elles, le genre de bande-son dont je ne suis vraiment pas fan mais bon (en plus du fait que c'étaient des chansons à texte, ce que je n'aime pas non plus en général).

Si les 2 premières minutes étaient assez "calmes" niveau pyro, ça s'est très vite emballé par la suite, avec un déluge de bombes, ce qui n'était pas spécialement en accord avec la musique assez calme du début.

D'une manière générale, certains tableaux étaient assez "bourrins". C'était très puissant et très impressionnant certes, avec beaucoup de bombes, mais artistiquement un peu moyen. Un exemple flagrant fut le 6° tableau, entre 13'35 et 15'20. Si on enlève les 3 très brefs passages avec les comètes et pots-à-feu qui étaient bien synchros avec la musique, le reste, ce n'étaient que des bombes assez banales. Un tableau qui m'a paru un peu trop long et sans grand intérêt.

La première partie se termine par un premier bouquet (à partir de 18'38), déjà assez impressionnant, essentiellement en blanc.

Liens vidéo : Youtube - Vimeo

2° partie du feu, de loin la meilleure d'un point de vue artistique, mais aussi d'un point de vue de la bande-son, composée uniquement de musique classique. Dans l'ensemble ça me semblait beaucoup plus travaillé que la première partie. Quelques moments remarquables :

>> A partir de 3'35, une multitude de bombes "queues de cheval". D'habitude je ne suis pas super fan de ce type de bombes, mais là elles étaient franchement superbes.

>> A 6'06 et 6'16 : plusieurs très belles bombes, qui me faisaient penser à des bombes maltaises.

>> A 7'01 : des bombes-tronc kamuro, splendides également.

>> A partir de 8'20, des dizaines de bombes nautiques dans les tons bleus. Très joli, et là ça évoquait enfin vraiment l'eau. Les tableaux qui ont suivi, sur la musique du Lac des Cygnes, étaient très réussis je trouve, sans doute les meilleurs sur l'ensemble du feu selon moi. Très calmes, mais très beaux, avec notamment des chandelles de comètes blanches très lumineuses au début, et beaucoup de bombes et bombettes à effet crépitant sur la fin.

>> A 10'42, une bombe de 300mm, et encore une autre que l'on voit très bien monter toute seule à partir de 10'55 ! (je me demande même si cette dernière n'était pas plutôt du 400mm, en tout cas elle était relativement énorme !).

>> Entre 12'48 et 13'00, encore plusieurs très belles bombes d'assez gros calibres (dans la partie droite du feu).

>> Entre 14'05 et 14'13, des grosses pivoines bleues avec un effet crackling à la fin, très sympas.

Liens vidéo : Youtube - Vimeo

Troisième partie du feu, avec une bande-son que je n'ai pas du tout aimé ! De la musique classique, on est repassé à un medley de chansons "populaires", d'un goût assez douteux (c'est mon avis, mais je n'étais pas le seul à penser la même chose). Le pire c'était sans doute "Santiano", et "Les Lacs du Connemara"... Première fois que j'entends ça sur un feu... et la dernière j'espère !!! Sur cette 3° partie, je retiendrai principalement :

>> Dans le premier tableau, pas mal de pots-à-feux assez lumineux, et dont l'effet durait assez longtemps en retombant lentement vers le bas. La chanson était relativement nulle, mais cela dit les produits, essentiellement blancs et blancs clignotants, collaient bien avec les paroles ("jour de neige", qu'on entend dans le refrain).

>> A partir de 5'52, un grand nombre de bombes-anneaux, assez sympa.

>> Vers 9'52, enfin un moment où on distinguait assez bien le triangle formé par les pontons de tir, grâce à plusieurs dizaines de comètes qui partaient simultanément de toutes les plates-formes. Et avec en arrière-plan, de très belles bombes kamuro.

>> A 10'15 : coupure de son !!! Quelques effets pyro ont continué pendant quelques secondes, avant un blackout total ! Pas moins de 5 pontons de tir étaient en feu. Un petit bateau a fait son apparition dans la zone de tir, je pensais qu'ils allaient éteindre les 5 foyers, mais au final, ils n'en ont éteint qu'un seul. Environ 5 minutes plus tard, le spectacle a repris, alors que 4 plates-formes brulaient toujours. Et visiblement, d'après ce qui a été tiré après et pendant le bouquet, il devait plus que probablement rester des produits non-encore utilisés sur ces plates-formes. Un peu bizarre.

Sorry on ne voit pas les incendies sur la vidéo, ils étaient assez éloignées, et en plus, au moment où ça s'est arrêté, ils venaient de tirer pleins de bombes nautiques couleur orange... Puis après j'ai stoppé temporairement ma caméra, ne sachant pas combien de temps ça allait durer.

>> Alors que le bouquet de la 2° partie avait été beaucoup moins impressionnant que celui de la première partie, ils se sont bien rattrappés avec le 3°, qui a duré environ une minute (à partir de 15'10), tout en blanc clignotant et doré. Mais ce n'était encore rien par rapport au grand final qui venait juste après...

Liens vidéo : Youtube - Vimeo

Dernière partie : le bouquet final, avec comme l'année passée, une petite annonce juste avant pour citer le sponsor. Ca me fait toujours bizarre, ça casse un peu le spectacle mais bon.

Au niveau accompagnement musical, on revient enfin à quelque chose de beaucoup mieux, à savoir un medley des musiques de Waterworld, une superbe BO je trouve ! A partir de 1'55, on retrouve le traditionnel allumage du jet d'eau, à grand renfort de pyro au bout de la rade. Des effets essentiellement bleus, blancs, or, comme l'année passée, mis à part qu'il y en avait beaucoup plus. Pas mal de belles grosses pivoines bleues notamment.

A 2'20, une belle grosse bombe de 300, bien mise en valeur toute seule dans le ciel ! Le pré-bouquet commence à 2'48, toujours dans des tons or et bleus. L'ensemble des pontons formant le triangle se mettent en action. Le bouquet commence quelques secondes plus tard, vers 3'45, et durera un peu plus d'une minute.

Tout comme l'an dernier, ce fut TRES intense !!! La vidéo donne un aperçu, mais il faut vraiment être sur place pour se rendre compte de la puissance que ça dégage, c'est vraiment un truc de fou ! Final tout en kamuro, un peu dommage qu'ils aient balancé en même temps des dizaines de marrons d'air. C'était puissant certes, mais ça gâchait un peu l'effet kamuro. Néanmoins, rien que pour la puissance, ça reste un moment particulièrement impressionnant ! Sur la fin, on avait presque l'impression que le sol tremblait tellement c'était intense !

Après cet ouragan visuel et sonore, le spectacle se clôture tout en douceur, avec une multitude de bombes-parachutes bleues descendant très lentement vers la rade, avec le jet d'eau en arrière-plan.

Liens vidéo : Youtube - Vimeo

Et comme l'année passée, je terminerai par une petite comparaison Annecy/Genève, puisque ce sont quand même 2 des plus gros feux annuels en Europe, séparés de seulement 60km et une semaine d'intervalle.

Les 2 feux sont toujours très différents à plusieurs points de vue. Genève dure 50 minutes non-stop, Annecy 70 minutes, mais avec des intermèdes entre les tableaux. Au final, ça revient plus ou moins au même. J'aime toujours mieux la disposition des points de tir à Annecy, qui change en général chaque année, et qui permet de faire des tableaux beaucoup plus travaillés artistiquement parlant. Surtout que cette année à Genève, je n'ai pas été super convaincu par la nouvelle disposition. Ok la façade de tir était plus large, mais de là où j'étais le feu paraissait vraiment asymétrique (alors que l'année passée à la même place, c'était juste parfait).

Il y a beaucoup plus de finesse et de petits produits dans le feu d'Annecy, et artistiquement je trouve ça mieux. A Genève, certains tableaux sont parfois assez "bourrins", avec beaucoup de bombes mais pas beaucoup de recherche au final. Et accessoirement il y a beaucoup plus de bombes sur le feu de Genève, de calibres assez importants (plus gros qu'à Annecy en moyenne). L'année passée ça ne m'avait pas spécialement marqué, mais cette année-ci je me suis vraiment fait la réflexion qu'en terme de matière active, le feu de Genève était presque deux fois plus important que celui d'Annecy, ce qui n'est quand même pas rien. Certains tableaux sont vraiment très puissants vu le nombre de bombes, leurs calibres, et la proximité.

En résumé, je dirais que les 2 feux valent évidemment tous les deux le coup d'être vus. Pour le côté artistique, je choisis Annecy (du moins pour les éditions 2011 et 2012), mais pour la puissance, c'est incontestablement Genève qui l'emporte.

Ah oui, et au point de vue musical, même s'il y a toujours du bon et du moins bon des deux côtés (ça dépend des années), en général à Genève ça part un peu dans tous les sens, et pas toujours dans le meilleur sens... A part pour la partie du milieu, la bande-son de cette année était assez catastrophique je trouve, alors qu'à Annecy c'était quasi parfait sur toute la ligne, tout comme en 2011.

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